"Le 17 novembre 1999
devrait rester une date significative dans l'histoire
des langues de l'humanité, même si
ce n'est pas clairement perçu aujourd'hui",
écrit dans un hebdomadaire européen
l'ambassadeur du Guatemala en France, Madame Gloria
Monténégro Chirouze. Ce jour-là,
la 30e Conférence Générale
de l'UNESCO se prononçait à l'unanimité,
après de laborieux débats, en faveur
d'une résolution “ pour la mise en œuvre
d'une politique linguistique mondiale, fondée
sur le plurilinguisme ”. La 54e Assemblée
Générale des Nations Unies suivait,
en décembre, adoptant une résolution
analogue sur le multilinguisme, proposée
par 88 pays.
A l'origine de ce renouveau,
l'association Le Monde Bilingue qui, un demi-siècle
après sa fondation, à Paris, en
1951, par d'anciens Résistants, publie
une plaquette qui a l'ambition d'ouvrir la voie
à un nouvel ordre linguistique international.
Les grandes lignes d'une politique linguistique
pluraliste y sont définies, ainsi que les
méthodes d'un enseignement rénové
des langues vivantes, intégrant les progrès
en sciences de l'éducation de ces dernières
décennies : “ Le tout jeune enfant est
naturellement doté de capacités
d'acquisition linguistique exceptionnelle ” déclare
le psycholinguiste Jean Petit, des Universités
de Reims et de Constance.
En ces temps de mondialisation,
il est absolument nécessaire de faciliter
la communication entre les peuples, mais sans
verser dans les excès qui risquent de conduire
à la langue - et à la pensée
- unique, au détriment de toutes les autres
langues : l’anglais, langue internationale de
communication, oui, véhicule d’une pensée
mondiale unique, non !
Il devrait être possible,
aujourd’hui, d'ouvrir le débat sur l'un
des plus vieux problèmes de l'humanité,
certes, mais toujours non résolu et d'une
brûlante actualité.
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