Le Présent
 

La politique linguistique du XXIe siècle implique une nouvelle conception de l'éducation, car il ne s'agit pas seulement d'améliorer l'enseignement des langues vivantes, mais d'instaurer dès la petite enfance une éducation en deux langues tout au long du cursus scolaire, d'asseoir sur cette base bilingue un enseignement plurilingue permettant aux futures générations de lycéens de s'exprimer aisément en trois et même quatre langues, mais aussi de se comporter en citoyens du monde. 

La mondialisation a porté au premier plan de l'actualité le problème linguistique. La facilité, l'absence de réflexion sur un sujet aussi fondamental, ont abouti à une solution désastreuse, contraire à la nécessaire diversité, celle du tout anglais, c'est-à-dire une langue internationale unique, avec le double risque de la pensée unique et du recul, voire de la disparition, des langues autres que l'anglais.

Que la langue anglaise soit devenue incontournable dans les relations  internationales, c'est un état de fait et vouloir freiner son dynamisme dans le monde contemporain serait vain. Mais cette primauté ne doit pas s'exercer au détriment des autres langues quelles qu'elles soient, nationales ou régionales, qui constituent le patrimoine linguistique et culturel de l'humanité. 

La solution, au plan de la pédagogie, est connue depuis plusieurs décennies et des linguistes de renommée mondiale lui ont apporté leur caution : une éducation bilingue précoce et immersive, réalisée dans le cadre d'un enseignement plurilingue, respectant le principe fondamental “un maître, une langue”.

Cependant, dans la plupart des pays, il n'existe pas de véritable politique linguistique accompagnant le développement des échanges internationaux, et la nécessaire transformation des méthodes d'acquisition des langues se heurte toujours aux blocages corporatifs et administratifs, ainsi qu'à la peur du changement. 

Les premières victimes de cet état de choses sont les parents d'élèves dans les pays où le monolinguisme continue d'être la règle, et, en définitive, ce sont les enfants eux-mêmes qui sont lésés.

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Introduction :
  • Jean-Marie Bressand décrit ici les efforts passés et présents, le chemin qu'il reste à accomplir et dépeint l'état linguistique de la France et de quelques pays représentatifs quant aux débats qui s'y déroulent :
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