La politique linguistique du
XXIe siècle implique une nouvelle conception
de l'éducation, car il ne s'agit pas seulement
d'améliorer l'enseignement des langues vivantes,
mais d'instaurer dès la petite enfance une
éducation en deux langues tout au long du
cursus scolaire, d'asseoir sur cette base bilingue
un enseignement plurilingue permettant aux futures
générations de lycéens de s'exprimer
aisément en trois et même quatre langues,
mais aussi de se comporter en citoyens du monde.
La mondialisation a porté
au premier plan de l'actualité le problème
linguistique. La facilité, l'absence de réflexion
sur un sujet aussi fondamental, ont abouti à
une solution désastreuse, contraire à
la nécessaire diversité, celle du
tout anglais, c'est-à-dire une langue internationale
unique, avec le double risque de la pensée
unique et du recul, voire de la disparition, des
langues autres que l'anglais.
Que la langue anglaise soit devenue
incontournable dans les relations internationales,
c'est un état de fait et vouloir freiner
son dynamisme dans le monde contemporain serait
vain. Mais cette primauté ne doit pas s'exercer
au détriment des autres langues quelles qu'elles
soient, nationales ou régionales, qui constituent
le patrimoine linguistique et culturel de l'humanité.
La solution, au plan de la pédagogie,
est connue depuis plusieurs décennies et
des linguistes de renommée mondiale lui ont
apporté leur caution : une éducation
bilingue précoce et immersive, réalisée
dans le cadre d'un enseignement plurilingue, respectant
le principe fondamental “un maître, une
langue”.
Cependant, dans la plupart des
pays, il n'existe pas de véritable politique
linguistique accompagnant le développement
des échanges internationaux, et la nécessaire
transformation des méthodes d'acquisition
des langues se heurte toujours aux blocages corporatifs
et administratifs, ainsi qu'à la peur du
changement.
Les premières victimes
de cet état de choses sont les parents d'élèves
dans les pays où le monolinguisme continue
d'être la règle, et, en définitive,
ce sont les enfants eux-mêmes qui sont lésés.
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