Question 
à Monsieur Lionel JOSPIN, Premier Ministre
Candidat à l’élection présidentielle*

L’adjonction à la Constitution d’un article stipulant « La langue de la République est le français » a porté un coup à l’enseignement des langues régionales.

Mais, en même temps, il a freiné la promotion d’un plurilinguisme seul capable de susciter un renouveau dans la connaissance et la pratique des langues.

Alors que la France, tout au long du XX° siècle, a permis de rendre bilingues les écoliers du Liban, les petits Sarrois au lendemain de la 2e  Guerre Mondiale, elle en est restée pour ses nationaux à la funeste doctrine du "français seul" et aujourd’hui encore on peut affirmer que les petits Français sont les derniers de la classe en Europe, en dépit des efforts louables du Ministre Jack Lang, contrariés par certains syndicats de l’enseignement et le Conseil d’Etat, mais aussi par une Francophonie dont les multiples institutions n’ont pas réussi à freiner le recul de la langue française dans le monde.

Question : 

Monsieur le Premier Ministre, peut-on espérer, si vous êtes élu président de la République, que dépassant les gestes d’intérêt vis-à-vis du Monde Bilingue, dont le dernier en date a été votre haut patronage accordé pour le 50e anniversaire de notre association (19 juillet 2001), vous preniez à bras le corps le problème des langues et mettiez en application la résolution de la 30e Conférence Générale de l’Unesco sur le plurilinguisme, d’après une proposition du Monde Bilingue, votée à l’unanimité des 187 pays membres, grâce en particulier  aux efforts conjoints des Ministres Jack Lang et Hubert Védrine, et que vous engagiez résolument le futur Gouvernement sur la voie ouverte par le Monde Bilingue avec l’appui des grands linguistes de notre temps,  au premier rang desquels il faut citer  André Martinet et Claude Hagège, son élève, mais aussi le Britannique David Crystal et le sémioticien Umberto Eco, ainsi que Gérald Antoine et Jean Favier de l’Institut de France, unanimes à soutenir la voie que vous avez vous-même tracée, en tant que ministre de l’Education Nationale, dans une lettre prémonitoire adressée le 13 décembre 1988 au Monde Bilingue, qui constitue un texte de référence, à savoir : l’ouverture vers une éducation bilingue, précoce et immersive, pour tous, réalisée dans le cadre d’un enseignement plurilingue, voie sur laquelle se sont engagés depuis 1965 des Canadiens, avec un succès qui ne ralentit pas, grâce aux soutiens officiels accordés à des pionniers qui se sont eux-mêmes inspirés des idées du Monde Bilingue, au contraire d’une France velléitaire et timorée ?

En conclusion, le Plurilinguisme, c’est-à-dire le choix volontariste de la diversité, constitue la seule solution au « tout anglais » porté au premier plan de l’actualité par la mondialisation et son outil Internet, avec le double risque de la langue et de la pensée unique, et du recul, voire de la disparition, de la plupart des langues autres que l’anglais.

A Besançon, le 25 mars 2002
 
Le Vice-président :

Jean-Paul COLIN,
Agrégé de lettres classiques,
Docteur d’Etat,
Professeur honoraire à l’Université de
Franche-Comté, Ecrivain

 

Le Délégué général :

Jean-Marie BRESSAND,
Fondateur du Monde Bilingue
et de la Fédération Mondiale
des Villes Jumelées

 

* Comité de soutien à l’élection présidentielle de M. Lionel JOSPIN 
77, rue du Fg St Martin - 75010  PARIS
 
 

 
 

Question à Lionel Jospin :
 

  • Cette question aurait pu être posée à n'importe lequel des 16 candidats à l'élection présidentielle 2002, mais nous avons choisi de l'adresser à Lionel Jospin qui s'est de longue date intéressé à l'action du Monde Bilingue.


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